28/04/2005

Un thé entre amis

Vendredi 22 avril

Après-midi d’ennui, je regarde le soleil darder dehors. Je crève d’envie de sortir, en même temps je dois attendre 16h, mes heures de sortie imposées. Mes collègues et mon travail me manquent.

16:00 Je suis sur le départ lorsqu’au moment de passer la porte mon téléphone sonne ! (Grrr, je veux sortir !L)   

16:30. Enfin, je réussis à mettre un pied dehors. Mon arrêt de travail en main je prends la direction de la Toison d’or, je n’y tient plus il faut que j’aille à l’agence, c’est donc en clopinant que j’atteins l’arrêt de bus place Bossuet. Sur le chemin je m’aventure à appeler Belle. Je suis accueilli par une sorte de borborygme bovidien, ce n’est autre que Dam’ qui s’amuse. Après une minute à me demander si je suis toujours sur terre, j’arrive enfin à parler à Belle, alors que Dam’ ri de ses bêtises de son côté.
Belle m’informe qu’elle se trouve à la Toison d’or, ce qui tombe bien vu que je compte m’y rendre pour acheter de quoi faire la fête demain soir. Je les rejoins mais avant je veux passer à l’agence.
Notre conversation achevée, j’ai immédiatement droit à un appel d’Edouard, qui était lui-même était en ligne avec Belle… Il me demande ou je me situe, je lui dis être à l’arrêt de bus. Il me rejoint immédiatement.
En attendant le bus, nous discutons un peu de Lyon, de son séjour, il en est ravi comme à chaque fois qu’il se rend dans cette ville. De mon côté je lui parle des appels d’hier et de la concurrence « féroce » à laquelle se sont livrés mes parents, ce qui m’a fait bien rire…
Edouard m’annonce que Nono sera présent demain soir. J’accuse le coup (sentant le coup de chien se préparer, heureusement il n’y aura pas que lui ce qui atténuera pas mal l’éventualité d’un prise de bec entre Belle et lui…) puis nous parlons d’autre chose, je ne tient pas a m’aventurer sur la voix de sa dernière lubie, je laisse ce point au soins et a la diplomatie de Belle…

17:20. Nous arrivons à la Toison d’or. Je laisse Edouard prendre son travail pendant que je saute dans une correspondance pour mon agence, de toute façon nous devons nous revoir en fin  de soirée.
Arrivé à l’agence, jamais je n’aurais pensé être aussi heureux d’être là. La porte passée j’entends Coco et son rire sonore puis je me dirige au rez-de-chaussée à la recherche d’un responsable.
Derrière le bureau de supervision, je trouve le petit roquet. Evidemment je ne manquerais pas de me faire charrier par mes collègues présents : « C’est maintenant que t’arrives pour travailler, etc… »
Une fois mon nouvel arrêt de travail donné nous discutons des circonstances qui m’ont valut ma sciatique, du temps que cela peut durer et des soins prescrits par le médecin. Autant dire que dans ces questions il y a beaucoup de d’inconnues. Je ne peut répondre qu’en citant mon thérapeute nous devrions de toute façon en savoir plus quand j’aurais passé mon scanner.

18:00. Je quitte l’agence en compagnie de Véro, elle me raccompagne jusqu’au centre commerciale. Elle ne sera pas présente à mon anniversaire demain car elle part jouer « les poufettes de base » sur les pistes de ski.
 
Arrivé à la Toison je retrouve Belle en pleine séance d’essayage chez Zara, quand à Dam’,  il l’attend patiemment. Nous papotons un peu, puis nous nous rendons au Jason afin de discuter devant un verre.
Une fois installés à la terrasse, nous avisons. Nous devons parer au plus urgent, et revoir nos plans pour la soirée de demain. Au vu des dernière news (présence de Noël) Si nous souhaitons avoir un quelconque impact sur Edouard sans être court-circuité par l’autre larve infecte, nous devons lui parler impérativement ce soir.
Pour l’heure nous mettons en commun les différentes informations en notre possession concernant sa nouvelle lubie. Après délibération, nous n’avons plus le choix c’est ce soir ou jamais.
Belle se lamente de ne pas avoir enregistré Edouard il y a 5 ans en arrière, lorsqu’ils étaient en fac et qu’Edouard disait qu’en aucun cas il laisserait sont petit ami lui marcher sur les pieds et prendre des décisions à sa place. A tout instant, lui seul serait le référant du foyer et non un autre.
On voit le résultat il se fait embobiner par Noël, voit en ses paroles des paroles d’évangile et dit amen à tout. Certes l’amour rend aveugle mais également, sourd, muet et très très con !

Nous finissons notre conversation d’une manière bien plus gaie et gay, il s’emblerait que j’ai une touche avec le serveur du Jason. D’ailleurs, il me fait sourire et rire par ses facéties ce qui est un bon point pour lui.

Après cette épisode cocasse, je serait accompagné de Belle et Dam’ pour faire mes courses, sans m’en rendre compte je prends systématiquement le produit qui intrigue Belle, ce qui nous fera rire.

20:10. Les courses achevées, nous nous séparons au moment de passer en caisse. Belle et Dam’ prennent le chemin de la caisse d’Edouard, pendant que je me dirige vers la caisse d’Antoine. En arrivant à sa hauteur, j’ai droit à un large sourire et au vouvoiement par respect pour mon statut de « client », je le titille en le regardant écrire et n’hésite pas à le charrier quand à la qualité de son écrit, ce qui le fera pester gentiment.

20:30.Une fois les provisions déchargées Belle et Dam’ s’éclipsent pour mieux revenir dans 2h. Pendant ce temps je m’essai au ménage et au rangement de mes courses…

22:40. Retour de Belle et Dam’ nous discutons un peu en attendant Edouard. A la télé la série Nip-tuck viens de commencer…Nous nous mettons d’accord sur le contenu de notre allocution.

23:00. Arrivé d’Edouard. Nous sommes enfin réunis après plus de 2 mois. Nous discutons de tout de rien devant quelques boissons : Tisane de réglisse pour Belle, Jus de cerise pour Edouard, Coca pour Damien et thé à l’indienne pour ma part.
Puis Belle en vient à demander comment Edouard se sent, s’il n’a pas de soucis…  Edouard en vient a parler des difficultés qu’il a à se sentir bien à Dijon, de la perte de motivation pour les Beaux arts, des cours qu’il sèche de plus en plus souvent, puis de son job d’appoint dans lequel il ne trouve plus aucune motivation. Ses semaines se résument à attendre le week-end et l’arrivé de Nono pour des parties de jambes en l’air endiablées.

Maintenant que la toile est tirée, Belle en vient à lui parler de sa dernière lubie, elle n’y va pas par quatre chemins et lui demande : « Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? »
Edouard se met à parler de l’Ecole des Beaux arts d’Angoulême,   du fait que c’est Nono qui a fait les recherches pour lui, en lui disant que c’est la meilleur au niveau de la bande dessinée. Belle n’hésite pas alors a lui demander ce qu’il compte faire si au bout d’un mois a Angoulême il fait le même coup qu’a Dijon, s’il ne se sent pas à sa place, s’il s’ennui, s’il est victime de la même démotivation, s’il ne retrouve pas de travail, que comptera t’il faire ? Tout abandonner une fois de plus et se retrouver au final sans rien.
De plus, il doit faire un très gros travail sur lui-même : apprendre à accepter et écouter les critiques sur son travail, en pas refuser en bloc le fait que l’on remette en cause son travail, ce que l’on soit amis, professeurs ou professionnels.

A présent, il est temps qu’il réfléchisse à deux fois à son avenir professionnel. Qu’il commence à se faire la main professionnellement parlant, obtenir quelques lignes supplémentaires et non négligeable à intégrer a son CV vierge de toute expérience, faire des stages (rémunérés si possible) et qu’il les trouve par lui-même ce qui est plus valorisant que de vivre au crochet d’une école de plus cela le responsabilisera. Qu’il ne sorte pas d’un institut bardé d’un diplôme pompeux mais sans aucune expérience.
Certes c’est bien sur un CV de montrer que l’on a suivi un certain cursus, mais un cursus sans expériences, sans savoir se vendre cela ne sert a rien si ce n’est remplir une page de vents… Non maintenant il est grand temps, qu’il apprenne à se vendre avant d’achever ses études, cela sera une arme de plus pour sa future carrière.
De plus Belle se propose de l’aider s’il décide d’aller à Paris, au vu des nombreux contacts qu’elle possède et entretiens dans la capital, De plus avec elle, il ne sera jamais sans le sous à tout moment elle pourra lui trouver, s’il est dans la panade, un petit contrat qui lui permettra d’arrondir ses fins de mois.
Pour ma part s’il préfère vivre et continuer à Lyon, il sait qu’il y trouvera un ami et quelqu’un qui n’hésitera pas à le ramener sur terre s’il s’envole un peu trop haut et a lui foutre des coups de pied au C. s’il reprends ses petites habitudes « je m’en foutiste, je me laisse vivre ».

Puis j’appuis Belle en lui disant qu’il n’y a pas qu’Angoulême pour apprendre la BD, il y a une très bonne école gratuite à Paris : les Gobelins ou une école payante à Lyon accessible avec des bourses : Emile Kohl, et nous pensons sincèrement qu’il n’aura aucun mal à avoir une bourse, après tout il a toujours bénéficier de bourses à la fac même en ne faisant rien et avait eut grâce à son génie créatif, une année de cours payés dans une grande école de dessin lyonnaise.
 
A la fin de notre allocutions voici notre Edouard tout enthousiasmé, il s’intéresse à ce que Belle lui propose, il lui parle du métier que j’envisageai de faire si je reprenais des études d’art : Roughtman (la personne donnant l’impulsion d’une campagne de pub en fixant sur le papier l’idée des publicistes, celui qui fait les croquis originaux) et qu’il se verrait bien faire. C’est certain je vois bien plus Edouard dans un métier comme celui-ci (qui demande a comprendre, visualiser et conceptualiser immédiatement sur support papier une idée ou une pensée) plus que dans un métier comme dessinateur de bande dessiné qui demande de longues heures de concentration et de travail sans être certain qu’au final la planche soit retenue et accepté…
Roughtman c’est être indépendant, avoir l’opportunité de changer régulièrement de cadre, de vivre de son métier sans attache, sans bureau et patron. Pouvoir se dire que si sa vision n’est pas acceptée, et bien il abandonne son concept et par proposer ses services ailleurs, alors que dessinateur de bande dessinée c’est se consacré totalement à un projet pendant des mois voir des années sans avoir la certitude qu’à la fin elle soit publiée et en être totalement anéanti.

3:00. Mes convives rentrent chez eux, nous nous disons à tout à l’heure. La soirée s’est parfaitement passée, Edouard a été convaincu par nos interventions et a pu entrevoir d’autres voies et possibilités.
Belle et moi somme plutôt fier de nos conseils car à aucun moment nous avons cherchés à l’influencer plus que de raison. Notre rôle est plutôt de veiller sur lui et de lui dire lorsqu’il fait le con et qu’il fonce droit dans un mur. Edouard fait sa vie à lui de faire ses choix et surtout de les faire en accord avec ses possibilités. Il faut qu’il en soit conscient, qu’il ne parte pas bille en tête à la poursuite d’une chimère idéalisé qu’il ne sera peut être jamais en mesure de réaliser.

05:47 Écrit par fox | fox | | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.